dimanche 7 juin 2020

Il y'a 65 ans, Tétouan avait son Khalifa.

 

Moulay El Hassan Ben El Mehdi
Moulay El Hassan Ben El Mehdi

Ce timbre du Maroc Espagnole émis en 1955 me permet aujourd’hui de faire connaissance avec un personnage de premier plan de la zone nord, Prince Moulay El Hassan Ben El Mehdi, ancien Khalifa de Tétouan sous occupation.

Né à Fes en 1911, son père Moulay Mehdi (Fils de l'oncle du sultan Moulay Youssef) était nommé Khalifa de My Youssef au Nord par dahir de 1913.  Après la mort de son père en 1923 Moulay Hassan Ben Mehdi devint le nouveau Khalifa en 1925.

Après l'indépendance il fut nommé entre 1957-1965 ambassadeur du Maroc à Londres, puis en 1965-1967 à Rome. Ensuite il était nommé Directeur de la Banque BNDE puis Directeur de Bank Al-Maghrib jusqu'à sa mort en Novembre 1984.


vendredi 4 août 2017

Zayani le résistant - Zayani le collabo

Tout ce qui est publié sur Internet n’est pas forcément vrai.

Plus particulièrement, les propositions d’un moteur de recherche comme Google, qui n’est autre qu’un géant indexe du web, ne sont pas toujours exactes. Parfois, elles peuvent mêmes s’avérer complètement à côté de la plaque...

Hassan Amahzoune, fils de Moha ou Hamou et pacha
de Khenifra à la solde du Mekhzen et du colonisateur
Ceci expliquerait probablement ce qui s'est passé dans le cas de cette émission de 2015. Le concepteur, M. Edfouf, a dû se contenter d'une recherche rapide sur la toile et d'un copier-coller tout aussi hâtif que désastreux :

dimanche 21 août 2016

Guerre du Rif : Ces américains qui ont combattu Abdelkrim


Cette étrange lettre postée de Ouezzane le 30 octobre 1925 avec un timbre français et estampillée "American Escadrille" révèle un épisode méconnu de la guerre du Rif.

Tout le monde sait aujourd'hui qu’il a fallu l’alliance de plusieurs puissances coloniales pour venir à bout de l’Etat du rif et mettre ainsi fin à l’une des premières guerres de libération nationale du 20eme siècle menée par Abdelkrim Alkhattabi. Ce qu’on sait moins, c’est qu’il y avait aussi des américains qui combattaient sur le terrain au côté des français et des espagnols.

Les mercenaires américains au départ
du Bourget vers Rabat – Août 1925
Il s’agit d’une escadrille d’une dizaine d’aviateurs mercenaires que les français ont mobilisés et placèrent habilement sous la prétendue autorité du Sultan du Maroc en les appelant "escadrille de la garde chérifienne".  Il s'agit là avant tout d'une manœuvre française visant à éviter d’éventuels conflits diplomatiques avec le gouvernement américain qui a choisi la neutralité dans ce conflit.

jeudi 1 mai 2014

2500ème anniversaire de l'empire de l'Iran

Octobre 1971, le dernier shah d'Iran décide de célébrer avec faste le 2500ème anniversaire de la fondation de l'empire perse.
 Les cérémonies se sont déroulées aux pieds des ruines de Persépolis et Pasargades au sud de l’Iran. Le shah a su faire de l'occasion l'une des plus grandes concentrations de têtes couronnées et de chefs d'états de l'histoire de l'humanité, tellement la liste des invités était impressionnante.

jeudi 8 août 2013

Aïd al fitr 2013 : mes meilleurs voeux timbrés !

A l'occasion de Aïd Alfitr et  pour présenter aux lecteurs musulmans de ce blog mes meilleurs vœux de santé et de prospérité, je n'ai pas trouvé mieux que ce beau timbre américain avec cette belle calligraphie, émis aujourd'hui même. Il parait que l'administration postale des Etats-Unis est la seule cette année à avoir émis un timbre en cette occasion. 

Et ce n'est pas le premier timbre du genre puisqu'il y a eu un premier en 2000 et un deuxième en 2011 :

samedi 22 juin 2013

L'arbre de Hassan II

"Le Maroc est un arbre dont les racines sont ancrées en Afrique mais dont les branches s'étendent en Europe." 
Les moins de vingt ans ne se rappellent pas forcément de cette phrase du roi Hassan II, reprise en suite en chœur par tous les officiels marocains de l’époque comme un slogan publicitaire. 
Poste Maroc ne pouvait pas faire exception, d'où cet arbre un peu mégalo, le tronc entre deux continents. 

dimanche 16 juin 2013

Tariq ibn Ziyad : un héros oublié

En 2011, à l’occasion du 1300ème  anniversaire de la campagne de Tariq Ibn Ziyad,  l’autorité postale de Gibraltar a émis cette belle série de 4 timbres.
Général berbère  Amazigh de confession musulmane, Tariq ibn Ziyad a mené la conquête de l'Espagne wisigothe en l'an 711 à la tête d'une vaste armée qu'il a conduite de la côte nord du Maroc jusqu'à Gibraltar. Le nom « Gibraltar » est d'ailleurs dérivé de l'arabe « Jabal Tariq », qui signifie «la Montagne de Tarik ».

lundi 15 août 2011

Mosquée Hassan II de Casablanca - l'histoire timbrée de la mosquée la plus timbrée


J'avais quinze ans quand la grande mosquée Hassan II de Casablanca a été inaugurée. Aujourd'hui encore je me rappelle le traumatisme général qu'avait provoqué l'opération de participation des contribuables dans le financement de l'édifice. La participation était d'abord volontaire bien entendu, mais comme ces participations "volontaires" devaient couvrir  l’intgralité du coût du projet (7 Milliards de MAD) et devant la somme misérable collectée les premiers mois de l'opération, le ministère de l'intérieur, à qui on avait confié la lourde tâche de collecter les fonds, a dû  passer à des méthodes beaucoup plus persuasives.
Aujourd'hui encore, vous n'avez qu'à prononcer  le mot "Iktitabe" (souscription en arabe) devant un petit fonctionnaire ou commerçant de l'époque pour lui rappeler un bien triste moment de sa vie. Il faut dire que la situation économique générale au Maroc à cette époque était difficile, étant donné que le pays subissait encore les conséquences du régime d'austérité prescrit par le FMI  durant les années 80.


Aujourd'hui, la mosquée trône toujours sur l’Atlantique, majestueuse. Pour les casaouis (les gens de Casablanca), c'est la Mosquée, tout court. Par exemple, pour s'y rendre en petit taxi rouge de n'importe quel autre point de la ville, il suffit de dire "Ej'jamme3" (la mosquée), le conducteur prendra sa direction sans aucune précision supplémentaire

dimanche 14 août 2011

Timbre d’Israël à l’effigie de Hassan II roi du Maroc

Israël  -1999 :  Mort de
Hassan II roi du Maroc 
Ce timbre a été émis par l'administration postale israélienne après la mort de Hassan II roi du Maroc en 1999. Ce timbre témoigne de la grande popularité du roi du Maroc au sein de l'état hébreux,  qui a donné également son nom a plusieurs places et avenues, comme le montre la carte ci-dessous.

samedi 13 août 2011

1969 - réunion de la première conférence au sommet islamique

1969 - réunion de la première conférence
au sommet islamique - le roi Hassan II
(Y&T 596)
Le 25 septembre 1969, plusieurs dirigeants de pays à majorité musulmane se réunissent à Rabat (Maroc) suite à l'incendie criminel de la mosquée al-Aqsa de Jérusalem le 21 août 1969 par un fondamentaliste chrétien de nationalité australienne. L’Organisation de la Conférence islamique (OCI) a été créée sur décision d ce sommet historique. On raconte que Hassan II tenait à l'organisation de cette conférence malgré les différents qui opposaient deux grands pays du monde musulman l'Iran et l'Arabie Saoudite, dont les deux dirigeants étaient  deux proches amis de Hassan II. Afin de rapprocher les avis et "vendre" son projet de conférence, Hassan II s'est déplacé en personne dans ces pays en 1968.   Le choix de la capital marocaine pour cette première conférence au lieu de Jeddah (qui accueillera par la suite le siège de l'OCI) a finalement permis la participation du Shah d'Iran au sommet.

1968 - Visite officielle du roi Hassan II en Iran

Iran 1968 - Visite du roi Hassan II du Maroc
(N° Catalogue scott 1472 ) 
Ce timbre iranien célèbre la visite officielle du roi Hassan II du Maroc en Iran en février 1968.
Cette visite a  été programmée dans le cadre d'une tournée dans des pays clés du  Moyen-Orient :  la Turquie, l'Iran et l'Arabie Saoudite. Au cours de ces visites le roi du Maroc va relancer son projet de conférence islamique qui sera finalement tenue à Rabat l'année suivante.
Au cours des conversations à Téhéran plusieurs accords sont signés entre l'Iran et le Maroc.

La grande amitié entre le roi Hassan II et le Shah d'Iran était de notoriété publique, elle est sans doute l'une des raisons qui ont poussé le Shah d'Iran à élire domicile au Maroc (pour une courte durée) après qu'il fut chassé d'Iran avec sa famille après la révolution de 1979.


dimanche 7 août 2011

Demnat : grandeur et décadence

Il fut un temps ou Demnat comptait parmi les villes les plus importantes au Maroc, au point qu'un investisseur de la fin du 18ème siècle ait décidé de créer un service postale privé la reliant à Marrakech.
La ville sombre aujourd'hui dans l'oubli et la désolation, depuis qu'elle n'a plus de rôle à jouer dans le commerce jadis prospère entre Marrakech et les tribus de l'Anti-Atlas.



Voici un portrait de Demnat dressé en 1883 par le français Georges de Foucault, tiré de son livre "Reconnaissance au Maroc" : 

"Cette ville est le siège d’un caïd qui gouverne la province de Demnat ; celle-ci a pour limites : au nord, les Sraghna ; à l’est les Ntifas et les Ayt Boualli ; au sud,les pentes supérieures du grand Atlas ; à l’ouest,les Glawa et les Zemran.

Demnat est entourée d’une enceinte rectangulaire de murailles crénelés, garnies d’une banquette et flanquées de tours ; le tout est en bon état, sans brèches ni portions délabrées. Trois portes donnent entrée dans la ville.
La Qasba a son enceinte à part et est bordée de fossés, ceux-ci,les seuls que j’ai vu au Maroc, ont 7 à 8 mètres de large sur 4 ou 5 metres de profondeur et sont en partie remplis d’eau. Au milieu de ce réduit, s’élèvent la mosquée principale et la maison du caïd .

Muraille, Kasba, mosquée, maisons, toutes les constructions de la ville sont en pisé ; rien n’est blanchi, sauf la demeure du caid et le minaret qui l’avoisine. Le reste est de la couleur brun sombre qui distingue les habitations depuis Boul jaad. L’intérieur de l’enceinte est aux deux tiers couvert de maisons, en bon état, quoique mal bâties. Le dernier tiers est occupé partie par des cultures, partie par la place du marché : point de terrains vagues ,point de ruines ; en somme, air prospère. La population est d’environ 3000 âmes, dont 1000 israélites ; ceux-ci n’ont pas de Mellah ;ils habitent pèle mêle avec les musulmans qui les traitent avec une exceptionnelle bonté. Demnat est Sefrou sont les deux endroits du Maroc ou les juifs sont le plus heureux. Il y a d’autres rapprochements à faire entre ces deux villes, dont les points de ressemblances frappent l’esprit : même situation au pied de l’Atlas,à la porte du Sahara, population égale, et composée d’une manière semblable ; prospérité presque pareille ; même genre de trafic ; même caractère doux et poli des habitants ; même ceinture d’immense et superbes jardins. En un mot, ce que Sefrou est à Fes, Demnat l’est à Marrakech. Le commerce de Demnat est le suivant : Les tribus de l’Atlas et du sahara (Dades,Todra) viennent s’y approvisionner de produits européens et d’objets fabriqués dans les villes marocaines, tels que cotonnades, sucre, thé, parfumerie, bijouterie, beleras ; elles y cherchent aussi des grains, mais en petite quantité. En échange, elles apportent des peaux, des laines et des dattes, que les habitants de Demnat expédient à Marrakech.

Ce commerce, florissant autrefois, a fait la richesse de la ville, il est en décadence depuis quatre ou cinq ans. A cette époque, le sultan envoya un Amin d’une rapacité telle que le trafic ne fut plus possible :tout ce qui passait les portes de la cité était, quelle qu’en fut la provenance, frappé d’un droit arbitraire si élevé que bientôt les tribus voisines et les caravanes du sud désertèrent ce marché et se portèrent en masse sur Marrakech ou elles se fournissent à présent.

Demnate est entourée de toutes parts d’admirables verges, les plus vastes du Maroc. Au milieu d’eux sont disséminés une foule de villages se touchant presque, qui forment comme des faubourgs de la ville. Ces jardins sont renommés au loin ; leur fertilité, leur étendue, la saveur et l’abondance de leurs fruits, les excellents raisins qui s’y récoltent sont légendaires.

Presque contigus aux vergers de Demnate, s’en trouvent d’autres très célèbres que nous avons traversés en venant : ceux d’Ait OuAoudanous. Ils rappellent un triste exemple de la rapacité du sultan et de la malheureuse condition de ses sujets. Ces jardins, domaine immense et merveilleux, foret d’oliviers séculaires et d’arbres fruitiers de tout espèce, arrosés par des ruisseaux innombrables, appartenaient, il y a quelques années, à un homme fameux par ses richesses et son luxe, Ben Ali ou El Mahsoub, dont la vaste demeure s’élève encore au sommet d’un mamelon qui les domine. Cette fortune énorme, cette ostentation, ce pouvoir, portèrent ombrage au sultan.
Soit pure cupidité, soit crainte de l’influence croissante d’un homme aussi puissant, il le fit une nuit surprendre, saisir,emmener : on le jeta en prison dans l’île de Mogador. En même temps, ses biens furent confisqués et réunis à ceux de la couronne. J’appris plus tard à Mogador que le malheureux Ben Ali, qu’on connaissait sous le nom d’El Demnati, avait, après plusieurs années de captivité, obtenu sa liberté au prix de tous ses biens, mais il n’en jouit pas. A sa sortie de prison, à la porte de Mogador, il mourut.""


samedi 23 juillet 2011

Un mariage princier célébré discrètement sur des timbres

En 1960, l'administration postale libanaise émet deux timbres à l’effigie de feu Mohammed V, roi du Maroc, et feu Fouad Chihab, président du Liban de l’époque. Les deux timbres célèbrent "officiellement" la visite officielle du monarque, mais dont la principale motivation, dit-on, étaient les fiançailles du prince Moulay Abdellah du Maroc et de Lamia Solh, fille du puissant ancien premier ministre libanais Riad Solh. 

dimanche 8 août 2010

Maroc - Marruecos

Pourquoi le Maroc n’a pas retenu l’espagnole comme seconde ou 3ème langue officielle ? Pourtant la  zone qu’occupait notre voisin du Nord est bien plus vaste que celle qu’occupait la France (en comptant le Sahara bien entendu).
La question vous parait insensée ?
Sachez que durant deux ans, entre 1956 et 1958, alors que le Maroc avait obtenu (courant 1956) la reconnaissance de son indépendance des deux puissances coloniales, on pouvait lire trois langues différentes sur les timbres en circulation :

  • Arabe et français dans la zone qu’occupait la France
  • Arabe et espagnole dans le Nord

jeudi 8 juillet 2010

Ben Smim : une source, un hôpital et un timbre

Pour les habitants de ce petit village aux pieds du Moyen Atlas marocain, Ben Smim ne se résume certainement pas à ces trois mots. Seulement, le commun des philatélistes que je suis en a entendu parlé la première fois grâce au n° 389 du catalogue Y&T, émis par le Maroc indépendant en 1959. Ce timbre a pour thème l'entraide nationale et on lui a choisi comme illustration le sanatorium antituberculeux de Ben-Smim. [fin du côté timbré de l'histoire.]

Cet hôpital a été créé par l’administration coloniale de la santé et a été le fer de lance dans le dispositif qui devait éradiquer la tuberculose qui faisait ravage parmi la population. Une fois cet objectif  (plus ou moins) atteint, l’administration du Maroc indépendant a décidé en 1974 sa fermeture définitive. S’ensuit une longue et silencieuse agonie d’un site qu’on devrait plutôt classer patrimoine national.

Quand j'entendais parler de Ben Smim, après le timbre, c’est l’image d’énormes rochers qui me venait à l’esprit, peut être à cause d’un vague lien étymologique. Mais depuis peu, ce village évoque également la révolte et la résistance. Depuis que des médias internationaux ont rapporté l’éclatement d’une vraie révolte menée par les habitants contre l'installation d'une usine, appartenant aujourd'hui à la société « Brasserie du Maroc », usine qui, selon les villageois, allait les priver de leur eau pour la mettre en bouteille.

Depuis, de l’eau a coulé sous les ponts et la nouvelle marque d'eau minérale est sur nos rayons. Mais c’est le nom de la ville d’Ifrane qui trône sur l’emballage et Ben Smim n’apparaît qu’en sous-titre. Est-ce pour des raisons purement marketing ou s’agit-il d’une revanche ? je me suis posé cette question il y a quelques semaines quand j’ai (encore) entendu parlé de Ben Smim aux info : encore une fois des « Bensmimois » protestaient, mais cette fois-ci, c’est pour sommer l’embouteilleur à réserver une meilleure place au nom de leur village sur l’emballage de la bouteille.

Tout est bien qui finit bien.

Galerie d'anciennes cartes postales de l’hôpital de Ben Smim
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